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En mars 2006, j’étais revenue voir mes parents pour les fêtes, très en retard mais mon emploi du temps ne pouvait pas me permettre de venir pendant cette période. Se fut bizarre de revenir lorsqu'on voyage sans arrêt mais revenir à ses origines c’était et c'est toujours bénéfique.

Un soir, avec tout mes amis d'enfance, nous nous étions réunis au seul et unique pub de la ville, The Drums.

Le pub était rempli, la St Patrick tombait ce weekend là. Je dus lutter pour arriver dehors afin de répondre à mon appel. La terrasse était remplie,malgré le froid, les gens fumaient. Je réussis à me trouver un petit endroit à l'abri des bruit et du froid. Juste à mes cotés se trouvaient deux hommes, à priori anglais ou autre mais ils parlaient anglais.
Mon appel fini, je décida de fumer une cigarette rapidement. Je m’étais retrouvée seule avec l'un des deux hommes qui se trouvaient à ma gauche. Lorsque j'avais soulevé les yeux pour regarder le ciel bleu noir, mes yeux furent attirés par tout autre chose. Une chose que j'avais déjà vu auparavant. Une mèche blonde, un homme de grande taille, je croisais même des doigts en me disant "non ce n'est pas lui" et bien sur que si, c’était lui.
Encore lui ? pourquoi me suivait t il partout ou alors l'inverse ? non impossible, cette ville représentait le trou du .... du monde, alors je ne voyais absolument pas comment il aurait pu être là devant moi ?
A force de rester stupéfaite devant lui, il l'avait remarqué et me regardait tout aussi étonné que moi. Aucun mot ne réussis à sortir de ma bouche, c’était wowoowooo ...
Il descendit le trottoir, entrouvrit son bras et tourna sa tête vers moi. D'un signe de la tête, il me fit comprendre de le suivre à ses côtés. Prise de panique, enfin prise de " qu'est qui se passe ", je ne savais pas trop quoi faire.
Alors, n'ayant écouté que mon destin ( oui mon destin ) je partis m'agripper à lui.
Il m'avait emmené sur une place où se déroulait une fête pour la st Patrick. Une musique de circonstance, une musique irlandaise dès plus entraînante, il m'avait tendu la main pour danser.
Nous avions dansés longtemps, les bières coulaient à flot, les gens étaient heureux...
Je m’étais arrêtée pour reprendre mon souffle et m’asseoir.
Je reçu un baiser sur la joue de sa part et le vit partir devant moi sans rien me dire, aucunes explications il était parti en me laissant seule sur mon banc. Je n'avais rien compris malgré la fatigue et l'alcool, je ne comprenais pas. Je ne voulais pas rester là toute seule, alors je décidai de partir et vérifia que je n'avais rien oublié. Et sur le banc à sa place, se trouvait un papier plié en deux, je l'ouvris et lus une phrase, " my name is Mark ". Juste ça.
C’était la troisième fois que j'avais vu cet homme, nous nous étions parlés aucune fois, et il m'avait laissé un seul mot, je m’appelle Mark.
Un sentiment de déception m'avait envahi sur le coup mais je fus contente. Je savais son prénom, et connaissais ses yeux, son nez, ses mains...
Je repartis en direction du pub où se trouvaient mes amis et termina la soirée en leur compagnie.

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Oxford street. Nous étions le 20 Décembre, 5 jours donc avant Noël et les rues etaient noir de monde. Effy et moi-même réussissons tant bien que mal à atteindre la boutique qui nous recherchions.
A l'intérieur se trouvait une quinzaine de portants, très peu mais pour la marque énorme. Cette marque c'était celle où je me trouvais 5 mois auparavant au fashion show de Carine Menson, " CM". Sa ligne de vêtement était superbe, des choses simple, classe, abordable, et portable en toute ou presque occasions. Avant d'aller à cette boutique nous avions déjà fait des repérages pour ne pas passer trop de temps à chercher. Alors direction notre portant, où par miracle se trouvait ( encore ) nos robes.
Le soir même nous étions invitées dans une soirée " prestigieuse " et ces robes là étaient parfaite. Mais comme tout vêtement, nous devions les essayer, et à la vue de cette longue, longue file d'attente, le désespoir nous pris rapidement à vif. Effy sorti fumer une cigarette en me laissant là, seule.

Devant moi, deux jeunes filles qui nous ressemblaient six années plutôt, et le coup de vieillesse s'abattit sur moi, mon sourire devint triste et je vis ma vie sombré. Je devenais vieille. 27 ans me direz vous c'est pas grand chose mais c'est 27 ans !!! célibataire voir célibatante, pas d'enfant, un travail en free lance qui rapporte pas tant que ça, et pas de vrai appartement, un simple squattage chez des amis en vacances..
PPfff non ! tout ceci ne pouvais m'arriver, je devais y remédier mais pas maintenant l'année prochaine, je mettrais tout ceci comme une résolution que je ne suivrais pas comme toutes les autres.
Enfin une vendeuse, Effy m'avait rejoint, nous pouvions essayer nos robes.

La mienne parfaite, j'avais toute la panoplie préalablement achetés et la robe était enfin achetée. La file d'attente à la caisse fut moins longue que les essayages, Effy paya et m'indiqua qu'elle sortait dehors pour prendre un appel. Ma robe encaissait et mon sourire revint, l'air frais me tendait les bras.

Au moment où j'atteignis la porte, le temps s’était figé ( ouii oui ) et mon regard se porta sur lui. Le mec du bar, celui du show, il y a 5 mois, celui qui m'avait fixé, celui qui vaut au moins 2 Johnny Depp, celui avec la chevelure blanche grise, lui. Il s’arrêta pour s’écarter afin de me laisser passer, je sentais ses yeux sur moi, une boule au ventre m'avait noué l'estomac.
Je sortis, Effy m'agrippa le bras, prête à affronter la foule sur le trottoir. Je tournais ma tête pour voir au cas où il sera là, et oui il se tenait là devant l'entrée, ne me perdant pas des yeux. Effy prit une petite ruelle et nous avions disparu. Ses yeux restèrent instantanément imprimé dans mon esprit, non je ne l'avais pas oublié et je ne voulais pas l'oublier.

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La foule occupait toute la pièce, le champagne disparaissait rapidement des verres, l'ambiance etait survoltée juste après le show. Encore un show fini et ça n’était pas plus mal. Il devait être 17h de l'après midi à Londres. Les gens se bousculaient avec les journalistes pour approcher la créatrice, Carine Menson.

Je me trouvais sur le balcon, un verre de jus d'orange à la main, une cigarette prête à être allumée. Le balcon était rempli, des petites tables disposées de par et d'autre sur tout la surface accueillant les personnes pour reposer les verres. La musique ni trop forte ni trop nulle, s’entendait suffisamment malgré le brouhaha de la foule.
J’étais toute seule sur le balcon, ma cigarette était allumée et je chantonnais sur la musique. Je regardais les gens, l'ensemble de la stupidité, l’égoïsme pur et simple se dressait devant mes yeux. On pourrait croire que ces personnes là sont tout beau, tout rose avec leurs vêtements hors de prix mais non, vu les yeux que les deux gays devant moi accoudaient à leur mini table haute, leurs expressions en disant plus sur moi en critiques que moi le matin même après avoir vêtue ma tenue du jour.

Je survolais la scène, l'agent de sécurité fortement musclé me souriait, le serveur au plateau rempli de mini bouteilles de cham'p avait un sacré petit derrière et à vu d'oeil il m'avait l’air ferme, la porte d'entrée crépitait des flashs des paparazzos qui cherchaient la photo scandaleuse d'un people qui se trouvait à l'intérieur. Mon regard s’arrêtât au bar, à première vue les piliers de comptoir des défilés étaient présent, des femmes légèrement pompette rigolait à s'en décollait leur lifting faciale, des stagiaires essaient tant bien que mal d'alerter les barmans pour avoir un verre puis mon regard se stoppa sur lui.
 Un homme me regardait droit dans les yeux, son regard me perça ( oui oui !! perça ) mon ventre fit une sorte de roulement, mon regard fit absorbé automatiquement par lui. Il tenait cet échange avec insistance mais je me sentis mal à l'aise. Je tourna délicatement ma tête juste à coté de moi pour voir si c’était bien moi la personne visait, et oui ça m'en avait tout l'air. Je quittai son regard si ... si ....et alla me cacher derrière un piller d'une des arcades de la terrasse. Je finis ma cigarette rapidement et observa mon chemin de sortie. Je partis en baissant le dos et réussis à me faufiler et respira l'air neuf de la pollution.
Cet homme, grand à vue d'oeil, blond clair, au regard intense, aux yeux noirs et perçant, et physiquement il valait au moins 2 Johnny depp. Je ne réussis à aucun moment à ne pas penser à lui, je l'avais vu 10 minutes peut etre mais il resta dans ma tête.